Le groupe de cyberpirates Down-Sec continue sa campagne de piratage. Leurs dernières cibles? Les sites de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) et du centre de crise.

Hier, les deux sites ont été rendus momentanément inaccessibles par les cyberhacktivistes de DownSec. Ils ont lancé des attaques par déni de service (DDOS) qui ont saturé les serveurs respectifs. Si des moyens automatiques de protection existent déjà, «ces offensives de grandes envergures nécessitent une intervention manuelle pour décongestionner des carrefours de données et réorienter le trafic», selon le lieutenant-colonel Miguel De Bruycker, directeur du centre pour la cybersécurité.

Les hackers ont revendiqué les attaques et indiqué qu’elles visaient à dénoncer les lacunes sécuritaires des centrales nucléaires belges. Mais le groupe réclame aussi la publication de résultats concrets dans l’affaire Madison Wintgens, cette adolescente de Herstal qui se serait suicidée à la suite de cyberharcèlement. Un cas que le groupe juge symbolique d’un phénomène à grande échelle.

Dans cette véritable guérilla cybernétique, les hackers comptent déjà plusieurs sites étatiques à leur tableau de chasse, à l’image de celui de la chancellerie du Premier ministre, celui de la Défense, du Sénat, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de Joëlle Milquet ou encore celui de l’Ocam.

«Tant que vous n’annoncez pas de réelles mesures contre les phénomènes de cyberharcèlement, nous continuerons», a prévenu le groupe dans une nouvelle vidéo postée hier sur YouTube. Les cyberpirates promettent aussi de publier aujourd’hui un dossier complet comprenant tous les informations sur les bourreaux de Madison.

 

 

 

Longueuil redoute les impacts d’un déversement pétrolier

16 septembre 2015

Photo: Graham Hughes La Presse canadienne

Longueuil craint que ses sources d’eau potable soient à risque en cas de déversement de pétrole découlant d’un bris du pipeline Énergie Est dans un cours d’eau situé en amont de celles-ci.

« Même si le tracé envisagé ne prévoit pas le passage de l’oléoduc sur notre territoire, il n’en demeure pas moins qu’il existe des risques réels de contamination des milieux hydriques et terrestres découlant de la rupture totale ou partielle de la conduite », estime Longueuil dans son mémoire présenté mardi soir dans le cadre des consultations publiques de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sur le projet de TransCanada.

Selon l’analyse de l’agglomération, un déversement de pétrole brut qui surviendrait dans les rivières des Outaouais, des Mille Îles ou L’Assomption menacerait les prises d’eau potable de plus de 230 000 résidents.

Le document cite d’ailleurs un rapport technique produit récemment pour la CMM. Celui-ci conclut qu’un temps de réaction de 13 minutes avant de stopper une fuite pourrait causer le déversement d’environ 1,15 million de litres de pétrole. Si le temps de réaction se situait plutôt autour de 60 minutes, on estime à 7,5 millions le nombre de litres de pétrole déversé.

À titre de comparaison, en janvier dernier, le déversement de quelques milliers de litres de diesel dans le réseau de l’agglomération a privé 300 000 citoyens d’eau potable pendant près de deux jours. Une situation qui a causé une véritable « crise » sur la Rive-Sud. La mairesse Caroline St-Hilaire avait quant à elle qualifié la situation de « grave ».

Longueuil redoute en outre les impacts économiques et sociaux d’un déversement de pétrole brut. « On ne peut non plus ignorer les impacts économiques directs d’une éventuelle fuite de l’oléoduc, que ce ne soit qu’au chapitre des coûts reliés à la décontamination et à la restauration des milieux touchés, peut-on lire dans le mémoire présenté à la CMM. Sans oublier ceux découlant des impacts sociaux liés aux populations affectées. La démonstration a été largement faite lors des événements de Lac-Mégantic, qu’un ralentissement économique régional découle de toute catastrophe majeure. »

 

L’UPA inquiète

À l’instar de la Ville de Laval la semaine dernière, Longueuil estime qu’il faudrait « se questionner sur la cohérence entre ce projet et son plan d’action sur les changements climatiques ». Le gouvernement Couillard n’entend évaluer que les émissions produites sur le territoire du Québec. Cela revient, selon Greenpeace, à tenir compte de seulement 0,4 % des émissions de gaz à effet de serre résultant de la production des 400 millions de barils de pétrole qui couleront chaque année dans le pipeline de TransCanada.

Dans son mémoire à la CMM présenté lui aussi mardi, l’Union des producteurs agricoles (UPA) estime pour sa part que le projet de pipeline d’exportation « aurait des impacts sur les producteurs agricoles et forestiers », et ce, pour toutes les phases du projet.

« Les producteurs agricoles et forestiers du Québec sont inquiets des effets possibles de ce projet sur l’environnement, car une fuite ou un déversement pourrait avoir des effets irréversibles sur la qualité de l’eau et des sols ainsi que sur la santé des citoyens vivant à proximité », souligne aussi l’UPA dans son mémoire.